JET DE GODES DANS LA CYPRINE : les salons du zérotisme ?

Drôle d’idée que d’aller se perdre au salon de l’érotisme de Tournai me direz-vous. Peut-être, mais quand on est en mission, on est en mission ! Me voici donc...

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Drôle d’idée que d’aller se perdre au salon de l’érotisme de Tournai me direz-vous. Peut-être, mais quand on est en mission, on est en mission !
Me voici donc dans la position du missionnaire pour donner un avis sur cet évènement à l’équipe de Non-Censuré et donc vous en faire un rapport détaillé, protégé que j’étais par ma garde du corps. 

Des salons de l’érotisme, j’en ai déjà arpenté quelques-uns. Deux fois Mons, une fois Lille, et déjà une fois Tournai pour quelques minutes. Nous étions sortis très tard et peut être un peu fatigués du restaurant, perdus dans Tournai, à court de GPS et de foi, que nous n’y étions introduits qu’assez proches de la fermeture et donc retirés rapidement. 

 

— Prise de d@te —

Retour à Tournai pour cet évènement pour lequel j’espérai déjà avoir un retour de l’organisateur. Contacté pour récupérer un dossier presse et vous fournir un travail d’investigation profond, c’est face au silence que je me suis retrouvé. Aucune relation entre lui et moi donc, quels tristes préliminaires qui ne m’ont pas tourné la tête.
Après donc un petit tour arrosé au restaurant (comment ça encore ? Oui, nous aimons les risques, et alors ?) puis une vingtaine de minutes de route, nous voici arrivés dans la zone d’exposition tournaisienne, donc le parking plutôt bien rempli augurait de bonnes auspices pour cette soirée. 

 

 — Sextos — 

Premier couac, l’absence de réservation en ligne. A l’heure de la virtualité, quel dommage de ne pas en profiter pour nouer un premier lien entre toi et moi, petit salon. Autour d’un site internet bien construit et pas avare de bons moments, c’eût été un plus non négligeable. Las, le site est petit, minimaliste et même si la taille ne compte pas, la longueur de la visite reste un élément non négligeable du plaisir pris.

Mais s’ensuit un bon point : la surface corporelle du lieu est adaptée à sa fréquentation. Nous avions souvenir du salon de Mons, immense en taille, mais vide de population, comme un gang-bang à deux, et quand les entrées sont trop peu nombreuses, on s’ennuie vite. Pas de profusion de stands, mais au moins, pas l’impression de se sentir trop seul. Plus on est de fous plus on rit et cette impression là est bien agréable. 

 

— Préliminaires —

Puis on déchante. Ou plutôt, on se s’entend plus chanter, gémir, ni même hurler de plaisir tant les sonos se font concurrence entre podiums, présentations de produits, musiques des bars… un vrai concours à celui qui aura la plus grosse. Difficile de jouir de l’endroit quand les tympans souffrent autant. Mais soit, nous déambulons, jetant un coup d’œil aux hôtes et hôtesses (fort charmant·es) et aux étals.
Pour détailler avant de détaler, l’endroit comporte trois bars. Le premier est animé par un volontaire de la foule et une demoiselle fort peu vêtue lui collant, entre autre, les fesses sur le visage. Le deuxième plus classique, mais aucun des deux ne semble prendre la carte bancaire. Diantre, je n’avais pas prévu de liquide à disséminer ici… et le troisième et dernier, perdu dans un coin de la salle et à l’abri du reste de la soirée. Une barre de pole-dance égaye aussi la zone grâce à l’artiste et athlète qui y monte et descend, qui s’y enroule et la fait disparaître entre ses cuisses
Ensuite, des showrooms de théâtre érotique, de présentation de voitures de luxe ou de show privé, aux tarifs divers et variés et adaptés pour ce dernier à la représentation souhaitée. Un show topless coûtant bien moins cher que sa version accessoirisée et dénudée. Et pour être franc, n’importe quoi d’un peu sexy y est vendu pour le prix d’un rein.
Pour finir, quelques rares, trop rares stands de vente de produits et de lingerie (quatre ou cinq ?) pour apprécier une vraie diversité de l’offre, et un salon faisant la publicité du Shoushou, club libertin dont les deux animateurs semblaient manquer d’activité et d’envie, pire, de plaisir. 

 

— Déband ade —

Et puis… et puis c’est tout. Nous regrettons le salon de Lille, bondé, mais qui présentait nombreux stands ou animations, ou même celui de Mons qui au moins offrait des zones plus permissives ou plus orientées vers d’autres jeux claquants et brûlants. Tournai, c’est juste une petite pause voyeurisme, histoire de pimenter (mais alors très légèrement, papriker serait sans doute le bon terme) une terne soirée. 

Franchement, en sortant, nous nous sommes dits qu’une nuit à l’Eden nous aurait, pour moins cher, permis de vivre un moment plus glissant et enivrant. 

De ce constat, deux questions :
Sommes-nous la cible de ce type de pogrom ?
Qu’attendons-nous d’un salon de l’érotisme ?



Je commencerai par répondre à la seconde : de l’érotisme bordel ! Nous attendons d’un salon de l’érotisme… de l’érotisme. Evident non ? Nous en avons croisé autant qu’à la foire à l’ail. Quel est le propre de l’érotisme ? C’est une invitation à rapprocher les corps, à frotter les peaux, à chauffer les cœurs. Rendre érotique un lieu, c’est d’abord y créer une ambiance, de toiles, de tentures, de musique adaptée à la situation, de proximité, de couleurs. Il faut ensuite éveiller les envies, faire brûler les passions, en offrant à chacun de quoi titiller son imagination. Là des fouets qui claquent, là des groupes qui s’ébattent, là des vidéos qui tournent, là des hommes qui s’embrassent, là des jouets qui vibrent et se tortillent, là des crèmes qui font tout glisser ! Enfin, il faut qu’on s’y sente libre de faire et de ne pas faire, de voir et de ne pas voir, de goûter et de humer. L’érotisme, c’est laisser deviner, c’est créer le besoin, c’est la liberté d’aimer.


De fait, la réponse à la première question coule de source, nous ne sommes pas le cœur de cible. Nous ne sommes pas le petit cercle visé par l’organisateur, espérant plutôt les consommateurs de porno et les jeunes couples moins difficiles aux gourmets amateurs de mets non-censurés. 

Notre bonheur se trouve ailleurs, mais saurez-vous nous inviter à visiter cette alcôve que nous avions tant espéré et qui est peut-être la vôtre ?

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