Le libertinage formaté?

Samedi soir, sortie en club en charmante compagnie dans un club que nous ne citerons pas… ou si, ne soyons pas injuste… rendons à César ce qui appartient...

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Samedi soir, sortie en club en charmante compagnie dans un club que nous ne citerons pas… ou si, ne soyons pas injuste… rendons à César ce qui appartient à César, l’Only4you…

Tout commence avec un sourire, ou plutôt une absence… Un accueil froid, presque machinal. Le ton est donné, la convivialité ne sera pas de mise, le libertinage ne s’embarrassant plus vraiment du côté humain.

Après avoir réglé la note, on nous donne les clés de notre vestiaire et dessus : la “surprise” de la soirée ! Deux petits jetons en plastique s’y trouvent mystérieusement accrochés… Cadeau pour nos prochaines courses? Pourrons-nous glisser dans nos caddies l’insigne du club? Nous en rigolons entre nous jusqu’à avoir l’explication de nos voisins de vestiaire : suite au désordre de certains, nous devons maintenant donner un jeton pour chaque verre que nous commandons et nous le récupérons en rapportant le verre vide… Règle de bac à sable, idéale pour un jardin d’enfant… On pourrait, bien sûr, remettre la faute sur le manque de savoir-vivre de quelques-uns mais on ressent plus dans ce geste maladroit une solution de facilité.

Nous passons outre ce point, même si nous trouvons cela ridicule, notre soirée sera malgré tout excellente ! On rigole, on plaisante, on se dirige vers le bar. Et là le service est poussif, lent et maladroit, ils se trompent en plus dans les verres… Et quels verres!

L’abus d’alcool est mauvais pour la santé, on le sait tous.

A l’Only4you, ils s’inquiètent tellement pour notre bien-être qu’ils ont décidés de le supprimer… le goût y est presque mais pas les effets… Après une dizaine de mélanges, on est toujours sobre…

Mais qu’importe ! Nul besoin d’alcool pour s’amuser ! On profitera de notre soirée…

Après un passage obligatoire aux vestiaires à vingt-trois heures précise  (rappel au micro du dj et refus de servir au bar à l’appui), on a bien compris que la soirée serait formatée…

Une mécanique rodée certes, mais pas vraiment propice à la spontanéité des rencontres !

Tout y est convenu… Même la musique. La playlist est similaire depuis 15 ans! Nous connaissons les titres par cœur depuis les années.

On s’amuse à deviner les titres mais cela tourne vite à l’agacement ; les enchaînements sont évidents et chaque morceau enfonce encore un peu le côté conformiste de la soirée… On se pose la question de l’utilité d’un DJ, un juke-box aurait suffi, surtout que les jetons étaient déjà en notre possession…

A deux heures, lassés par cette succession de détails malencontreux… nous rendons les armes, déçus, on abandonne la soirée.

Pourtant, on a un jour apprécié les lieux… Clients depuis sa création, on éprouve une certaine sympathie pour ce club mais rien ne change. La découverte a laissé place à la nostalgie et invariablement à l’ennui…

L’Only était une valeur-sûre mais le club s’est englué dans une vision sécuritaire… Les lieux se sont enfermés dans leurs propres habitudes, préférant une routine soporifique à la liberté.

En institution réfractaire, elle a fini par desservir la cause qu’elle défendait…

La rentabilité en étendard, le libertinage y est devenu commerce et nous n’y somme plus que des portefeuilles anonymes…

Nous avons pris ce club comme exemple, mais il est très loin d’être le seul en cause… Ces mêmes travers se retrouvent dans bien d’autres établissements. La perte de vitesse que subissent de nombreuses structures ne font que renforcer cette constatation. Mais à la place de continuer à trouver des excuses extérieures, une remise en question serait peut-être plus judicieuse !
Mais ne désespérons pas, d’autres aux contraires innovent et nous proposent des expériences différentes. Nous vous en parlerons dans un prochain post.

Adam (et Faustine)

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1 comment

  1. Different591 Répondre

    Oui la qualité…. Je croyais le libertinage avec un objectif essentiel : créer des moments de qualité.
    La qualité est une chose qui se raréfie, l’attention à l’autres ou aux autres s’amenuise si vite que les club digne d’avoir l’appellation libertins se font de plus en plus rare.
    La faute aux clubs, j’en doute. Regardez ces consommateurs qui viennent pour consommer un plaisir qu’ils ne savent même plus offrir.
    Alors demander aux Etablissements d’apporter plus que nous sommes prêt à offrir me semble bien triste.
    Faire l’amour est un art que bien peu souhaitent acquérir car trop tourné vers l’autre je présume.
    Chacun crée son libertinage, le mien est de qualité ce qui me conduit à bien peu le consommer mais qu’il est doux et conforme à ma conception. Je ne me satisferais pas de moindre qualité, seul moteur de mon approche. Faites de même et les clubs s’adapteront et cessez donc de prendre les voies de la facilité en vous adaptant à une qualité qui décroit bien vite.
    Comme toujours cela n’est que ma perception et n’engage évidemment que moi.
    Au plaisir de continuer à lire vos articles que je sois d’accord on non n’est pas important, ils sont le reflet d’une façon de penser et d’être qui est pertinente.
    A bientôt
    Different591