La rencontre Nurbex avec Geoffrey Lyder

  « Passionné par la grâce du corps humain, j’aime les nus… Du crayon de bois à la photo, le corps m’émeut : rien est droit mais tout est harmonie,...

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« Passionné par la grâce du corps humain, j’aime les nus… Du crayon de bois à la photo, le corps m’émeut : rien est droit mais tout est harmonie, rien est rectiligne mais tout est équilibre, rien est parfait mais tout est entièrement sublime… »

 

J’ai découvert Geoffrey Lyder, il y a un peu plus d’un an et j’ai été captée par son travail que l’on catégorise de Nurbex. Le Nurbex, c’est un style de photos qui utilise le corps pour explorer et rendre grâce à des lieux interdits ou difficiles d’accès. Un équilibre entre modèle et endroit d’exception qui demande un œil avisé pour en trouver l’alchimie.

 

Au mois d’avril, j’ai eu le plaisir de rencontrer et d’interviewer cet artiste. Issu des beaux-arts, il a glissé vers la photo suite à un coup de la vie qui lui a retiré son espace de création dédié à la sculpture. Sa curiosité et l’un de ses contact lui ont permis de découvrir le monde de la photo. L’approche du nu sera progressive. Puis, le hasard l’a charmé. En découvrant les moulins de paris, les lieux atypiques lui ont donné envie de créer différemment. Depuis deux ans et demi, il se présente ainsi : «Photographe amateur sur Lille, je prends toujours plaisir à créer et à chercher l’image parfaite»

 

Aujourd’hui, je vous fais rentrer dans son univers et ses émerveillements photographiques.

 

 

«  : Je ne sais pas si c’est dû à mon propre amour pour les vieilles pierres et le nu, mais j’ai l’impression de voir du Nurbex partout. Penses-tu faire partie d’un phénomène de mode ?

G L : Pas du tout ! Je m’explique. Pour ma part, c’est une réponse à mon plaisir : le plaisir de me laisser surprendre en ne maîtrisant qu’une partie des éléments. Je pense avoir mon univers propre et ma «patte».

 

S : Justement, que cherches-tu dans tes clichés ? C’est quoi pour toi la fameuse ‘image parfaite’ ?

G L : Je cherche de la Magie. Je veux être porté par une histoire. Je souhaite l’équation relationnelle visible entre le lieu, la modèle et la lumière. Cette alchimie doit être porteuse d’émotions. Il faut que je la ressente parce que je suis le premier filtre. Je cherche le cliché de fou, celui qui me laissera «KO debout» et qui obtiendra un retour tout aussi positif par le public.

 

S : Et ce jour-là, tu t’arrêtes ?

GL : Certainement pas ! Ce sera ma récompense implicite mais ce n’est pas mon Graal. Je ne peux pas me passer du plaisir que produit cette quête de ‘l’image parfaite’. D’ailleurs, même quand on pense l’avoir atteint ce n’est pas le cas. Puisque je suis là pour me confier, quand je regarde mes clichés du début,… On va dire que je me suis bien amélioré. (Rires)

 

S : Puis-je donc te demander comment tu construis tes projets ?

Tout d’abord, quelles sont tes inspirations ? As-tu un modèle ou un mentor ?

G L : Il y a deux photographes qui m’inspirent beaucoup. Au début de ma passion, je suivais Laurent CASE. J’ai trouvé dans ses clichés une explosion de lumière (faut dire qu’il shoot dans le sud) soulignant des corps avec des poses un poil érotique et avec des filles juste sublimes. Dernièrement, j’ai découvert Umbertha, modèle de ses propres photos dans le style Nurbex, elle m’a inspiré pour apporter des sources de couleurs chaudes. La thématique des drapés est venue d’elle. Un jour, j’ai fait un achat compulsif : un immense morceau de tissu rouge. Je ne savais pas encore ce que j’allais en faire, mais je l’avais ! Maintenant, je peux le dire : ça claque !

 

 

S : Autre élément important, c’est le lieu bien sûr ! Alors, comment les trouves-tu et surtout les choisis-tu? As-tu des lieux favoris ? Voire fantasmés ?

G L : Trouver des endroits, Le lieu, ce n’est pas chose aisée. Ils deviennent rares. Et parfois, même en connaissant les bonnes adresses, tu arrives et c’est condamné. Alors, je cherche par moi-même. Sinon, entre photographes, on s’échange les endroits. J’ai la chance de faire partie d’un petit groupe que l’on a surnommé «Les Barbus», parce qu’on est tous des barbus. Oui, je sais ce n’est pas très original, mais je suis dans un cercle de confiance. Et puis, parfois, certaines personnes qui suivent mon travail me donnent des idées de lieux qui peuvent me plaire.

Ce que j’apprécie le plus ce sont les châteaux ou les manoirs qui sont quasi introuvables dans notre région (pour les raisons que j’ai déjà évoquées). A Paris, en Bretagne ou même en Pologne, il y en a plus mais nous sommes dans le Nord.

 

S : Dernier point à cette question. Comment gères tu la sélection de tes modèles et les diriges-tu dans tes shooting ?

G L : Il y a plusieurs phases. Maintenant que j’ai un réseau c’est plus évident. Au début, j’ai d’abord commencé par les filles de mon entourage. Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir des modèles qui ont confiance en moi et qui sont prescriptrices de ma démarche. Je les appelle «mes guerrières» parce qu’elles se retrouvent dans des conditions de dépassement de soi, pas que par l’aspect de la nudité, mais aussi à travers les conditions climatiques et l’état d’insalubrité de certains lieux. Je crois que je suis quelqu’un avec une grande bienveillance. Certaines d’ailleurs ne shoot plus ou qu’avec moi. En résumé, j’ai besoin de ressentir un feeling qui nous permettra de tenter des choses. Il faut que chacun, dans le binôme modèle-photographe, se sente à l’aise. En illustration, une modèle m’a dit un jour : «Je suis nue, mais pourtant quand tu me parles j’ai l’impression d’être habillée et ça me rassure. Ça me fait du bien. Je me sens à l’aise. Je peux m’extérioriser et le résultat est toujours présent sur tes photos». Ça me conforte moi aussi d’entendre des choses comme cela.

 

S : Et ensuite, (je sais, je suis curieuse) quand tu as tous les éléments, comment se déroule une séance ?

G L : Nous sommes en nature ou dans des lieux abandonnés, alors je passe toujours en premier. Et là, j’ai comme des légers flashes par rapport à ce que je vois (murs, ombres, lumières, fenêtres défraîchies, couloirs, bois, pierres…). J’aime ce qui se passe en moi quand la créativité se met en route. Je suis face à un tableau vierge. C’est instinctif. Je me dis : «Si la modèle pose de cette manière-là avec cet angle-là, la composition peut faire passer quelque chose».

Je ne travaille qu’en lumière naturelle donc il faut que les modèles soient réactives car la lumière change vite. Si elles savent poser c’est un plus mais je saurais toujours les diriger vers ce que je ressens, surtout si elles sont à l’écoute. Ensuite, je shoot en rafale. C’est une vieille habitude que certains photographes n’apprécient pas mais moi cela me permet d’avoir l’esprit serein sur le fait que je sais que j’aurais forcément un bon cliché sur les 3 clics. Je ne retiens que 10 à15% grand maximum de ce que je produis en rush. Par exemple, si le cadre est joli, que la fille est belle, que le lieu est beau, que la lumière est parfaite, que la photo a bien été traitée mais que je ne ressens rien, je ne sélectionne pas.

 

S : On termine par un petit teasing ? C’est quoi tes prochains projets pour l’avenir ?

G L : Avant toutes autres choses, je veux continuer à prendre plaisir dans ce que je fais. J’ai déjà eu le plaisir de faire des expositions. J’ai pu ressentir, être gratifié, différemment que sur les réseaux sociaux, du plaisir que les spectateurs ont face à mes photos. Je ne cherche pas la reconnaissance. J’ai de l’humilité, mais savoir que les modèles passent un bon moment et que le résultat est reconnu c’est très appréciable. Mais, je dois avouer que la passion prend le pli sur l’envie et que je réfléchis à en faire mon métier.

 

S : Donc affaires à suivre…

G L : Exactement, d’ailleurs vos lecteurs pourront me suivre sur : https://www.facebook.com/profile.php?id=100013925654727

 

S : Merci Geoffrey d’avoir pris le temps de répondre à mes questions ce fut un réel plaisir…»

Sééna

 

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