Tan, activiste et anthroposexologue

Internet et ses sauts de puces. De profil en profil, de contact en événement, on en arrive sur un profil qui sort du lot. Une accroche intéressante. Dernière...

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Internet et ses sauts de puces. De profil en profil, de contact en événement, on en arrive sur un profil qui sort du lot. Une accroche intéressante.

Dernière en date pour moi, celle de Tan Polyvalence, anthroposexologue. Le terme lui-même aura suffit à piquer ma curiosité.
La sexologie, ok, je connais. L’anthropologie aussi. Le lien entre les deux m’intrigue.

Ce que je trouve sur la page m’accroche encore plus.

Trois facettes : une femme engagée, militante, qui va au contact des populations les plus fragiles, qui propose de l’écoute, chose assez rare tant les gens préfèrent s’entendre parler plutôt que de tendre l’oreille.

Une femme qui en a fait son métier aussi, une TDS (travailleuse du sexe), de par son activité paléoanthropologue donc, mais aussi de Dominatrice.

Une association, des engagements forts pour l’écoute, la diffusion de la parole non-exprimée, pour la liberté des corps et des sexualités, pour la solidarité et contre les violences directes et les dommages collatéraux des normes sociétales .

Largement assez pour emmener les lecteurs de NonCensuré à sa découverte.

TAN :

Deux sujets de recherche universitaire, l’un sur l’utilisation du corps comme outil de revendication, l’autre sur les violences sexuelles dans les parcours migratoires, qui se rejoignent pour constituer son socle de formation.
Aujourd’hui, elle met en pratique ses connaissances dans une approche alternative de la sexologie, dans un contexte subjectif, apaisant ainsi les effets dévastateurs de la norme, des règles et des injonctions sociétales.

Une activité intimement liée à une autre de ses facettes, celle de Domina. Par sa pratique, là où beaucoup de sexologues ont une approche plus théorique des paraphilies, sa patientèle l’en rapproche (je vous renvoie à : »http://tanpolyvalence.com/themes/, le sujet méritant mieux que le survol que je vous propose). Cette activité, car elle est exercée de manière bienveillante, non humiliante, lui permet d’ouvrir son métier vers des zones rarement explorées et peut même produire des effets bénéfiques hors des séances. Les bulles qu’elle crée permettent une certaine décompression hors des codes et des normes, mais aussi un moment durant lequel chacun peut exprimer une part cachée de sa personnalité.

POLYVALENCE :

C’est une Association Loi 1901 qui est née de son envie de libérer la parole et souvent la souffrance des victimes de violences liées au corps, aux normes et aux parcours de vie.  Polyvalence a recueilli plusieurs centaines de témoignages, forts, qu’il était nécessaire de mettre en lumière. Avec l’aide d’illustrateurs, images et textes se sont liés dans des fanzines d’abord, dans des livres plus conséquents ensuite. C’est une bibliographie du vécu, non pas un « regard porté sur », mais un « témoignage de ».  Le panel est large, tout simplement parce que l’association a gagné la confiance des populations avec lesquelles elle travaille. Témoignages non contestables qui permettent de lier un militantisme subtil et intime à une liberté des moyens d’actions. L’association souhaite en effet garder un aspect protéiforme, capable de s’adapter à l’évolution de la demande et des besoins des populations en souffrance.

JERK : Face à un tel parcours, et dans un contexte qui impose de plus en plus souvent un cloisonnement des pratiques, des personnes, mais aussi dans un atmosphère intimant la limitation de l’expression des voix dissonantes, viennent naturellement des questions.
Celle du ressenti des TDS (Travailleurs du sexe) d’une part concernant la répression de la prostitution visible mais aussi l’immense désintérêt qui semble exister pour celle invisible, virtuelle. Le ressenti à propos de cette évolution chez les TDS est il unanime ?

TAN : La loi de pénalisation des clients provoque l’inverse de ce qu’elle est censée faire : protéger les travailleurs-ses du sexe (TDS). Les TDS peuvent exercer mais les clients n’ont pas le droit de les solliciter et toutes les mesures visant à aider un.e TDS peuvent être considérées comme une forme de proxénétisme. Ainsi, les TDS davantage en danger que protégées parce qu’elles sont obligées de travailler dans des conditions cachées (et donc potentiellement dangereuses).

J. : L’autre question qui me vient portera sur le cloisonnement des TDS trop souvent limité à la pratique de la prostitution. Comment faire connaître et comprendre une culture variée allant contraintes aux adeptes de loisirs plus ou moins exotiques, mais aussi aux professionnels de santé et de prévention ?

T : Là-dessus, nous sommes en désaccord. Tu inclues dans les TDS toutes les profession du care qui sont spécialisées dans l’accompagnement des TDS. Ce sont des travailleurs associés, mais non des travailleurs du sexe.

Mais on peut se rejoindre sur un point, et c’est l’objet même du livre que je souhaite publier : les profils des TDS sont extrêmement variés.

J : Ton association est pleine de projets et l’écoute qu’elle propose nous semble indispensable. De quelle aide as-tu besoin pour développer ton activité ? Pour quel nouveau projet demain ?

T : La liste n’est pas exhaustive, il faudrait, entre autres, un développeur Web, et réunir près environ 2000 euros pour financer son travail, qui visera notamment à ranger le site pour mettre en avant la richesse et la densité des milliers de contributions (témoignages et illustrations).
De nouveaux outils pédagogiques sont en préparation ainsi que de nouveaux ateliers et groupes de parole sur la sexualité, la réductions des risques, les addictions, l’identité…

J : Merci Tan pour avoir pris le temps de participer à cet entretien qui ne manquera pas d’intéresser nos lecteurs. Tu participes à ta manière à casse les codes et à faire sortir les gens des boites dans lesquelles la société les enferme. Nous partageons ton combat et ton engagement !

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