Trois sœurs, une Femme. Rencontre avec Aude Dite Orium.

J’accorde souvent assez peu d’importance aux couvertures des livres. Elles ne sont que l’emballage du produit, de l’œuvre, et ne présument en rien de la qualité du contenu....

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J’accorde souvent assez peu d’importance aux couvertures des livres. Elles ne sont que l’emballage du produit, de l’œuvre, et ne présument en rien de la qualité du contenu. Pourtant, c’est bien la couverture qui m’a, cette fois, accrochée : trois demoiselles qui vous regardent de haut, seins à l’air. Elles donnent au lecteur l’envie d’être une bête curieuse, autant que d’être soumis à leur regard accusateur. Ambivalence qui m’aura fait me procurer ce livre à mon tour.

Un manoir au passé sulfureux d’ancienne maison close, reçu en héritage. Trois sœurs, au caractère bien trempé confrontées aux difficultés de la vie, et qui feront tout pour garder la propriété et la jouissance de la vieille bâtisse sans finir sur la paille. Des héroïnes modernes qui se battront pour elle et la mémoire de leur mère. Trois femmes libres, simplement.

Je n’en dirai pas beaucoup plus sur le livre, pour vous laisser profiter de ce joli moment d’écriture car je suis certain que vous irez l’acheter. Érotique à souhait, déluré, joyeux et féministe, il est à mon sens une des meilleures productions érotiques des dernières années.

Je vous propose plutôt un petit tour chez son auteur, Aude Dite Orium :

J : Aude, merci d’abord d’accepter cette rencontre tant virtuelle que nocturne. Je suis ravi de pouvoir discuter avec toi et surtout de faire découvrir ton livre à nos lecteurs. Au bout de quelques pages, s’est imposé un sentiment assez fort. Cet ouvrage est pour moi une démonstration d’engagement féministe.

A : C’est volontaire. Dans mon idée, un livre ne raconte pas seulement une histoire. Il dit des choses. Et moi, j’ai envie de parler d’empowerment, entre autre. J’ai envie de parler des femmes et de leur désir

J : Et cette volonté précédait l’écriture ou t’as-t-elle été imposée par tes personnages ?

A : L’histoire sert le message. Enfin j’essaie.

J : Et tu penses que l’érotisme est un bon support pour promouvoir l’égalité femmes-hommes ?

A : Absolument. Le rapport au corps, à la sexualité, sont des affaires délicates, et, comment dire, que je crois que c’est LE truc pour se chercher et se rencontrer vraiment.

J : Je note, en tout cas il me semble, un retour du puritanisme. Quelles sont les retours que tu as eus lors des séances de dédicaces, ou par les lecteurs, notamment au sujet de la prostitution qui est évoquée de manière assez libre par exemple ?

A : J’ai l’impression que le sexe est encore très tabou, rien qu’à voir les têtes des personnes à qui j’ai demandé s’il était possible d’organiser une lecture-dédicace dans leur librairie. C’est pourtant quelque chose que nous avons tous en commun. Nous faisons TOUS du sexe. Mais le sexe reste du domaine de l’intime, et beaucoup sont plus dans la performance que dans le jeu. Donc parler cul, c’est se mettre en danger.
Je crois en une sexualité qui émancipe, joyeuse, mais pour cela il faut se réconcilier avec beaucoup de choses. Son corps, ses désirs, ses fantasmes. S’ouvrir à l’autre. Et pas seulement les femmes ! Il faut faire confiance, tomber les armes.

J : Tu écris depuis longtemps ?

A : Depuis toujours. C’est un de mes premiers outils d’expression mais je ne croyais pas en moi. Il est longtemps resté secret.

J : Mènes-tu aussi ce combat féministe en dehors de l’écriture ?

A : Je ne suis pas encartée, je ne fais partie d’aucun mouvement féministe ; je n’aime pas cette forme de militantisme. Je suis dans le « chaque jour », attentive à ce qui est dit et j’interroge pour ne pas laisser les choses se faire.

J : Des livres de chevet ?

A : J’aimerais dire que je n’ai pas de livre de chevet, mais que j’ai un tas de livres sur ma table. En ce moment, Virginie Despentes, avec Baise-moi, Camille Emmanuelle avec Sexpowerment, ou Daria Marx avec Gros, n’est pas un gros mot. Mais j’aime beaucoup Marguerite Duras qui n’est pas pour rien dans mon envie d’écrire.

J : Nous avons ça en commun. Nous allons bientôt mettre fin à cet échange, mais avant ça, tu accepterais de nous faire découvrir un autre artiste, quelqu’un qui te touche ?

A : Redbkode, j’adore ce qu’elle fait…

J : … et nous la connaissons déjà, elle est passée entre nos mains expertes il y a peu de temps d’ailleurs. Une artiste pleine de talent, surprenante et originale. Quelqu’un d’autre peut-être ?

A : Oui, Vulu, pictorialiste. Il fait des choses que je trouve vraiment magnifiques. Et a travaillé avec Misungui notamment. D’ailleurs, je vous mets au défi de trouver quel personnage, cet artiste, m’a inspirée…

J : Merci Aude pour ces quelques minutes de ton temps. Je suis certain, puisque tu m’as avoué qu’une suite était en projet, que nous retrouverons bientôt Camille, Catherine et Clémence.
Tous nos vœux de réussite également dans tes activités de coaching, empowerment et aide à la prise de parole (ici), domaines que tu maîtrises à merveille.

A : Merci Jerk. J’ai tellement aimé écrire ce livre que je suis ravie que tu l’aies apprécié.
A bientôt !

J : Et j’ai tellement aimé le lire que je le recommande sans restriction ! A bientôt dans les filets littéraires de Noncensuré !

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